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16/12/2010

Une dédicace de Serge Lehman à la Société des Amis de George Spad

Lors des septième rencontres de l'imaginaire, l'un de nos membres a demandé à Serge Lehman, auteur du scénario de la Brigade Chimérique, bande-dessinée fictionnalisant la mystérieuse George Spad, de bien vouloir dédicacer le dernier volume paru (Editions L'Atalante) à la Société des Amis de George Spad.

Merci à Serge Lehman de sa disponibilité et de sa gentillesse pour ces quelques mots.

 

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20/12/2009

L'Homme Chimérique: aux origines du titre

Analyse du titre

Plusieurs hypothèses ont été émises concernant le titre L’Homme chimérique. Le choix du titre d’un ouvrage doit rarement au hasard. Qui choisit L’Homme chimérique ? La réponse définitive à cette question reste pour le moment en suspens. Est-ce un titre d’origine auctoriale ? éditoriale ? Nul ne peut le dire dans l’état actuel des recherches.

Origines possibles

L’expression L’Homme chimérique apparaît dans plusieurs œuvres du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

Dans Actes et paroles - Pendant l’exil – ce que c’est que l’exil, Victor Hugo explique ce qu’est un proscrit : « Le proscrit est un homme chimérique. Soit. C’est un voyant aveugle ; voyant du côté de l’absolu, aveugle du côté du relatif. Il fait de bonne philosophie et de mauvaise politique. Si on l’écoutait, on irait aux abîmes. Ses conseils sont des conseils d’honnêteté et de perdition. Les principes lui donnent raison, mais les faits lui donnent tort. »

Dans « Le mandarin », recueilli dans les Contes à dormir debout, Auguste Vitu utilise aussi cette expression comme en témoigne cette citation :

« Supposez un mandarin de la Chine, un homme qui vit à trois mille lieues de vous, dans un pays fabuleux, un homme que vous ne verrez jamais; supposez encore que la mort de ce mandarin, de cet homme chimérique doive vous rendre riche à millions , et qu'il vous suffise de lever le doigt , chez vous, en France, pour qu'il meure, sans que jamais personne puisse vous inquiéter, dites, que feriez-vous ? » (Auguste Vitu, "Le mandarin", in Contes à dormir debout, édition Librairie Hachette et Cie, 1860, p. 7)

Enfin, dans les ouvrages de références, signalons l’article « chimérique » du Littré dont nous reproduisons intégralement :

(chi-mé-ri-k') adj. 1°Qui se repaît de chimères. Un homme chimérique. Enflant d'un vain orgueil son esprit chimérique, BOILEAU, Art poét. III. Bouillon était l'homme le plus chimérique qui ait vécu en nos jours, et le plus susceptible des chimères les plus folles en faveur de sa vanité, SAINT-SIMON, 45, 17. Qui l'aurait dit eût passé pour le plus chimérique des hommes, VOLT. [ie Volatire] Hist. Russ. I, 6. Le roi, après la conversation [avec Fénelon], dit qu'il avait entretenu le plus bel esprit et le plus chimérique de son royaume, VOLT Louis XIV, 38. 2°Qui est sans réalité. Toutes les raisons qu'il apporte sont chimériques. Esclave ambitieux d'une peur chimérique, CORN. [ie Corneille] Poly. V, 6. Étant de ces gens-là qui sur les animaux Se font un chimérique empire, LA FONT. (ie La Fontaine) Fabl. VII, 1. On donne, dans un spectacle profane, des larmes aux aventures chimériques d'un personnage de théâtre, MASS. [ie Jean-Baptiste Massillon] Car. Aumône. L'art de faire subsister ensemble l'intempérance et la santé est un art aussi chimérique que la pierre philosophale, VOLT. Zadig, 18.

Etymologie

Chimère

21:47 Publié dans Articles & essais | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature, homme chimérique |

03/12/2009

Vidéo de la Brigade Chimérique

L'oeuvre de George Spad, révélée par quelques érudits comme Serge Lehman, poursuit son existence sous une forme qui eut peut-être étonnée ses auteurs. La bande dessinée, de bonne tenue, La Brigade Chimérique continue sa carrière éditoriale. D'aucuns n'hésitent à la qualifier de chef d'oeuvre et beaucoup s'accordent à la désigner comme l'une des séries majeures de la bande dessinée française de l'année. Les trois premiers épisodes ont été publiés en 2009, les trois suivants paraîtront en 2010.

Lors des Utopiales, une vidéo, reprise par les Editions L'Atalante, fut réalisée par Soledad Ottone. Cet hommage à l'oeuvre de George Spad ne peut nous laisser indifférents.


22:47 Publié dans Articles & essais | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : george spad, bande dessinée |

07/10/2009

La rupture entre les surréalistes et George Spad

Comme René Daumal, Antonin Artaud, Louis Aragon,  George Spad eut des démêlés avec le "Pape du surréalisme"  André Breton comme plus tard Salavador Dali ou Simon Hantaï.

Aux yeux d'André Breton, George Spad eut l'inconséquence d'accepter de se faire la biographe de Léo Saint-Clair dit "le Nyctalope". C'est en tout cas ce que l'on peut lire dans la bande dessinée La Brigade Chimérique de Serge Lehman, Fabrice Colin, Gess et Céline Bessonneau. Evidemment, nous sommes alors du côté de la fiction et, au risque de chagriner quelques esprits, il convient de rétablir la vérité.

Dans son ouvrage biographique Recuerdos del surrealismo (réédité par les éditions El Tucan de Virginia en 1997 avec une préface de Lourdès Andrade, p. 118), Racine Alfonzo rapporte l'incident dont il fut témoin entre Geroge Spad et André Breton lors de l'exposition internationale du surréalisme de 1938: la première souhaitait rendre une somme d'argent empruntée à André Breton pendant l'été 1937. Celui-ci refusa au motif que cet argent sentait "la muerte del espíritu".

Ce n'est pas la fréquentation de la littérature populaire qui gênait Breton - on le sait les surréalistes furent friands Croix du sang jean de la hire.jpgdeu grand roman en trente-deux épisodes Fantômas ou encore des fameux italiques de Gaston Leroux - mais son acceptation d'un contrat (plutôt confortable) avec l'éditeur Louis Querelle pour la rédaction d'un épisode de la série Le Nyctalope de Jean de la Hire.

Si dans la bande dessinée, Léo Saint-Clair (le Nyctalope) est décrit comme un être de chair et de sang, il faut y voir une allusion des auteurs à des pratiques de Jean de La Hire. Non seulement il réutilisait sans vergogne des pages entières de ses propres oeuvres pour pouvoir en produire rapidement d'autres (c'est le cas pour ce qui concerne les différentes séries "scoutes") et ainsi s'assurer de substantiels revenus, mais il usait aussi de collaborateurs, des nègres littéraires, quand le temps ou l'inspiration lui faisait défaut.

Pour voir paraître cette aventure du Nyctalope, ce sont pas moins de cinq ans qui s'écoulent après la précédente (La Croisière du Nyctalope, 1936). Jean de la Hire avait intimé l'ordre à Louis Querelle de changer d'illustrateur et à George Spad de réviser sa copie.

 


L'épisode parut finalement en 1941 sous le titre La Croix du sang aux Editions R. Simon (illustration ci-dessus) sous la seule signature de Jean de la Hire (sans déterminant sur la couverture). Notons la réédition en 1954 aux Editions d'Hauteville sous ce même titre (avec le déterminant sur la couverture cette fois) La Croix du sang avec une superbe illustration  (voir ci-dessous) de René Brantonne (qui dessina nombre de la hire la croix du sang jaeger.jpgcouvertures pour la collection "Anticipation" chez Fleuve Noir),  alors que George Spad avait intitulé le manuscrit Le Nyctalope contre tous les périls (le titre est moranien à souhait, Henri Vernes s'en souviendra comme il donnera comme caractéristique à son célèbre aventurier d'être lui aussi nyctalope). Il est amusant de constater que le volume est précédé d'une étude sur le roman littéraire et le roman populaire par Marcel de Bare qui semble être... Jean de la Hire lui-même. Rendons tout de même justice à La Hire: l'ouvrage a été profondément remanié avant publication, nous sommes plus face à un co-autoriat qu'à un pur travail de nègre littéraire.

Le procès de Breton porte moins sur le genre littéraire que sur le fond de l'oeuvre: le Nyctalope est un personnage dans lequel Jean de La Hire investit peu à peu un esprit cocardier qui n'est pas du goût des surréalistes. Ils n'avaient peut-être pas tort vu le destin de Jean de la Hire pendant l'Occupation allemande...

 


Jean Breuil

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17:55 Publié dans Articles & essais | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature, george spad, surrealisme |

Un article bio-bibliographique

L'animateur du blog Les Peuples du Soleil nous a permis de reproduire son article publié il y a quelques jours. Comme nous lui avons indiqué, des doutes, des incertitudes, des imprécisions subsistent. Malgré ces réserves l'article garde tout son intérêt. Signalons que le premier prénom de la George Spad mentionnée dans l'article est Henriette et non Huguette et que George Spad fut bien un pseudonyme collectif utilisé par plusieurs auteurs des éditions Louis Querelle mais pas seulement.  La principale contributrice à l'oeuvre signée George Spad  est bien sûr Henriette Blanche Perrier (peut-être mêm fut-elle la plus talentueuse). Elle poursuivit son travail d'écriture pendant de nombreuses années et dans le vaste continent que constitue la production fasciculaire, des découvertes restent à faire. Nous y reviendrons dans un prochain article, tout comme il conviendra d'expliquer la rupture entre le mouvement surréaliste mené par André Breton et  Spad/Perrier.

 

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Depuis quelques temps le nom de George Spad refait surface. Cet auteur bien oublié de la vieille science-fiction française (à une époque où elle avait pour nom "merveilleux scientifique" ou "anticipation") mérite pourtant notre attention à plus d’un titre (et notamment pour le sujet qui occupe ce blog). Grâce à Serge Lehman et Fabrice Colin au scénario et à Gess aux images et à la conception graphique, George Spad est devenu(e) un personnage de la série La Brigade Chimérique comme d’autres auteurs, pensons à Jules Verne ou bien à Conan Doyle qui apparaissent dans de nombreux romans.
A partir de quelques éléments en notre possession, nous allons tenter de mieux faire connaître cet auteur et son oeuvre. Il s'agit d'une ébauche. Toute aide sera la bienvenue.

Un auteur énigmatique

Il nous faut tout d’abord avouer qu’une bonne part de la vie de l’auteur est pour le moins obscure. Les éléments biographiques sont épars et la bibliographie complète de George Spad reste à établir. Les principales sources concernant la science-fiction ancienne sont muettes : rien dans l’Encyclopédie de Versins ni dans le bel essai sur la science-fiction ancienne française qui clôt l’ouvrage Les Terres Creuses de Joseph Altairac et Guy Costes. Pourtant les pièces du puzzle biographique commencent à être rassemblées grâce à l’infatigable Serge Lehman (à qui l’on doit déjà l’anthologie Chasseurs de Chimères) et à l’érudit Helmut Hardt. Nous sommes ainsi en mesure d’indiquer que George Spad, selon une pratique très répandue de la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 1950, est le pseudonyme d’une femme dont l’identité nous a longtemps échappée. Nous avons parcouru tous les numéros du Rocambole sans trouver la réponse pourtant les Révélations du Rocambole (dans le numéro 38 de la revue Le Rocambole, printemps 2007) nous a donné une piste : Georges Dunan. D’aucuns voient en Georges Dunan un continuateur de Renée Dunan (qui serait morte en 1936 mais cette date est contestée, certains, prudents, indiquent que la date de décès est inconnue). Vous vous y perdez ? C’est bien normal : dans la jungle des pseudonymes retrouver son chemin est souvent complexe. Toujours est-il que George Spad est le pseudonyme de Huguette Blanche Perrier (1893-19 ??, fille d’Etienne Perrier et Georgette Spadinier (comme nous l’apprend son acte de mariage en 1917, voir plus bas)

Des rencontres marquantes

Commençons par le plus simple : née à Pantin, elle fréquente Julien Torma (1902-1933 - orphelin, élevé par son beau-père, il deviendra ami de Max Jacob, fréquentera René Crevel, Robert Desnos ou Jean Vigo, publiera quelques œuvres de son vivant avant d’être redécouvert tardivement au milieu des années 1950) sur les bancs de l’école communale dans cette commune. Il semblerait que ce soit l’école située aujourd’hui rue Denis Papin. Ils entretiendront une longue amitié jusqu’au service militaire de Julien en 1922 ou 1923. Le samedi 2 octobre 1917, à Lauwin-Planque, Huguette Blanche Perrier se marie avec le lieutenant Bernard Malerne qui meurt peu de temps après au front.

Un moment de bonheur dans la tourmente de la guerre: le mariage de George Spad (en blanc au premier rang) et Bernard Malerne (à gauche, reconnaissable à son pantalon militaire)

george spad 2.jpg


En 1919, une fois la guerre finie, elle publie L’Homme Chimérique (Editions Louis Querelle, mai 1919) fortement marqué par le traumatisme de rosny l'enigme de givreuse.jpgla Der des Ders. Le héros a les traits de Bernard Malerne mais l’intrigue semble être un démarquage de L’Enigme de Givreuse (1917, réédité chez Néo en 1982) de JH Rosny. Cet ouvrage connaît un destin éditorial de nombreux livres relevant de la littérature populaire : aucune réédition, peu connu (hormis de quelques spécialistes de l’anticipation ancienne), tombé dans l’oubli alors qu’il eut un certain succès à l’époque. En 1920, George Spad rencontre (soit au début de la publication de la série L’Homme chimérique) Renée Dunan (1892-1936 ?), femme de lettres, journaliste et romancière que l’on peut qualifier de sulfureuse. Ont-elles eu une relation plus qu’amicale ? Nul ne peut le dire. Il reste quelques lettres, vestiges de leur correspondance qui fut nourrie pendant les années 1926 (janvier)-1928 (octobre). Datée du 17 octobre 1928, la dernière lettre dont nous avons pu avoir connaissance grâce à l’amical soutien de Marc Tadurbat, sonne comme une rupture mais rien n’indique qu’il s’agisse d’une rupture amoureuse. La publication aux Editions Louis Querelle de Cantharide, roman de mœurs parisiennes par Renée Dunan semble être à l’origine de la brouille entre les deux femmes. Louis Querelle assure une promotion à l’œuvre qui va nuire pendant quelques mois à la série L’Homme Chimérique de George Spad qui se tourne vers une production de contes et nouvelles plus alimentaire que littéraire. Mais la brouille peut aussi avoir comme source la fréquentation par George Spad du mouvement surréaliste dans lequel elle a pénétré grâce à l’entremise de son ami d’enfance Julien Torma. Elle publie alors quelques poèmes de tonalité surréaliste dans des revues à faible tirage mais comme Léo Malet plus tard, sa fréquentation de la littérature populaire l’exclue de fait du mouvement aux marges duquel elle reste néanmoins, les épisodes tardifs de L’Homme chimérique reprenant avec jubilation certaines tournures de l’esprit surréaliste.

En 1934, elle se marie avec Jean Telort (photo ci-dessous, vers 1937).

 

george spad.jpg


La même année, le dernier épisode connu de L’Homme Chimérique paraît (est-ce bien le 28ème?). La série s’arrête brutalement sans qu’aucune raison semble pouvoir l’expliquer. Nous perdons la trace de George Spad en 1938. Une lettre datée du mardi 4 janvier 1938 adressée à un certain Roland Saint Rose reste pour le moment sa dernière trace.

Pourtant, l’œuvre de George Spad n’a pas été totalement oubliée. Serge Lehman s’en est inspiré pour La Brigade Chimérique (titre qui sonne comme un bel hommage à L’Homme chimérique) et nous avons pu nous procurer le fascicule La Vallée sacrée des Incas (il manque malheureusement la couverture de notre exemplaire) qui a toute sa place sur ce blog.

Bibliographie partielle

Avertissement : Aucune des œuvres signées George Spad n’a été déposée à la BNF. (c'est assez courant pour le domaine qui nous intéresse) Nous ne connaissons, et encore seulement partiellement, que la série L’Homme chimérique (dont une partie a été publiée aux Editions Louis Querelle) et le fascicule La Vallée sacrée des Incas. Nous n’avons pas trouvé de texte signé Huguette Blanche Perrier (ou tout autre combinaison). Nous ne connaissons qu’un ouvrage de vulgarisation technique consacrée au travail des lingères signé Blanche Perrier mais nous doutons qu’il s’agisse de la même personne. Cette bibliographie partielle est destinée à être complétée  par toutes les personnes qui auraient des informations. Par avance merci !

1/ L’homme chimérique, Editions Louis Querelle, série publiée de 1919 à 1934 chez plusieurs éditeurs et selon plusieurs formats. L’Homme chimérique compterait 28 épisodes (le conditionnel s’impose). Certains sont des romans (comme justement L’Homme chimérique qui ouvre la série), d’autres sont des nouvelles publiées de manière dispersée dans les journaux et revues de l’époque. Le travail bibliographique est en cours. Serge Lehman possède le premier volume de manière certaine. Il a analysé dans un fanzine dont le titre m’échappe la fonction centrale de la césure psychique du personnage principal dans L’Homme Chimérique. Marc Tadurbat nous a présenté les quatrième, cinquième, septième et douzième épisodes (quatre nouvelles fort réjouissantes publiées pour les deux premières dans des revues pour la jeunesse éditées par Jules Tallandier et Fils) . CJ Varley nous a résumé le seizième volume (roman sans date et sans nom d’éditeur ! vers 1927, publication sortie des rotatives de La Société d’Imprimerie Rouennaise, est-ce un alias des Editions Louis Querelle qui eut quelques soucis avec sa production légère à la fin des années 1920 ?). Quant à nous, nous avons le plaisir de posséder un numéro (le 913) du Progrès de Bergerac et de la Dordogne de 1932 dans lequel on peut découvrir une courte nouvelle (une demi-page) intitulée "Plus puissant qu’une locomotive !" (à vrai dire l’épisode est assez faible).La diversité des lieux d'édition nous semble témoigner de la mobilité géographique de l'auteur et pourrait expliquer les difficultés à suivre ses traces afin de recueillir des éléments bio-bibliographiques.

Il semblerait qu’un épisode de la série ait été publié dans Jeunesse ! éphémère publication (1905-1907) des éditions Pierre Lafitte. Cet épisode, qui contient les germes de plusieurs des personnages et des thèmes de L’Homme chimérique, serait alors véritablement prophétique car écrit avant la guerre ! Signé du pseudonyme J.N. Clabaudeur, cette nouvelle (indûment sous-titré conte) a pour titre "L’Arbre cannibale de Saperuam." Un arbre poussant à la frontière marquée par un large et profond fossé lance alternativement de chacun des côtés des gaz toxiques qui annihilent les désirs des habitants et finissent par les convaincre de joyeusement s’écharper. L’arbre se nourrit ensuite des corps tombés à proximité de ses racines. Les techniques de la guerre 1914-1918 y sont décrites avec une préscience qui fait froid dans le dos (mais Robida fit de même). Nous ne possédons malheureusement qu’un mauvaise photocopie (sur laquelle je ne peux que distinguer la date de 1907 et un morceau du titre de la publication sse ! ) de cette courte œuvre .

2/ La Vallée Sacrée des Incas, fascicule sans date publiée aux éditions ????. Le jeune archéologue français Louis Reclus (un hommage à Elysée Reclus pour celle qui fréquenta les cercles anarchistes ?) découvre au cours d’un périple dans les Andes une vallée dans laquelle vivent depuis plus de quatre cents ans les descendants des Incas qui ont caché là le trésor du dernier empereur Atahualpa. Il tombe amoureux de la jeune prêtresse Anamya qui l’aidera à s’échapper du temple du soleil avant qu’il ne soit sacrifié et qui s’avérera être une jeune Espagnole membre de l’aristocrate péruvienne enlevée dans la jungle alors qu’elle était encore une fillette. Evidemment cela finit par les retrouvailles avec la famille et un mariage comme il se doit.

14:25 Publié dans Articles & essais | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : litterature, george spad, biographie, bibliographie |